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Edito du n° 203 (03-2001)

Pédophilie : de l'excitation à la réflexion

Le martèlement médiatique, repris inlassablement sur toutes les chaînes de radio, télévision et dans la presse - la grande et la «petite» ! - des affaires de pédophilie de certains prêtres ou de certains enseignants appelle quelques réflexions.

Ces affaires de maltraitance des enfants qui font la Une de l'actualité indiquent bien la sortie d'une société où le silence sur ce genre de dérive n'est plus de mise : les enfants disent leur souffrance et les adultes sont lourdement sanctionnés.

C'est un progrès considérable et les médias ont joué là un rôle d'informateur et de révélateur décisif.

 Par Marceline Gabel 


Pourquoi cette confusion toujours faite entre la pédophilie (l'attraction sexuelle d'un individu pour les enfants impubères) et toutes les formes d'abus sexuels subis par les enfants, comme si le profil de l'agresseur devenait l'acte lui-même ?

Mais aujourd'hui, en 2001, douze ans après la première campagne officielle de prévention des abus sexuels, est-on tout à fait dans la même disposition ?

L'heure n'est-elle pas venue de réfléchir plutôt que de participer à la dramatisation ? La découverte d'un enseignant pédophile actif dans le département de l'Eure nous en donne l'occasion.

Au delà d'une lecture au premier degré, plusieurs interrogations viennent à l'esprit :

N'est-on pas comme pour les accidents de la route, face à des comportements déviants individuels qui ne se modifient ni par la prescription, ni par la menace de la sanction.

Le temps n'est-il pas venu de repenser la prévention : générale ou ciblée ? Où en sont les autres pays ? Quelles connaissances nouvelles sur lesquelles s'appuyer ?

Il n'est pas, ici, question de «révisionnisme», bien au contraire ! Profiter de l'exemplarité des affaires scandaleuses et du rôle des médias dans leur traitement pour pousser plus loin la réflexion : se dégager de l'émotion, examiner si le remède n'est pas parfois pire que le mal, sortir de la «militance» et se mettre au travail.

Travailler, c'est pour tous les politiques, sortir des comptages qui amalgament et finalement banalisent et des annonces incantatoires non assorties de moyens. Travailler, c'est pour tous les professionnels du monde, social, «psy», éducatif, juridique, entreprendre avec des équipes de chercheurs les études rétrospectives, cliniques, aujourd'hui inexistantes.

Travailler, c'est pour les médias, certes continuer à informer, mais de façon éthique et utile, c'est-à-dire plus pédagogique.

Travailler, c'est aider tous les adultes à assurer une véritable éducation à la vie de leurs enfants, respectueuse et protectrice susceptible de les préparer à être, à leur tour, des parents «suffisamment bons».