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Edito du n° 207 (09-2001)

Que fait l'inspection ?

Le crédit accordé par les plus hauts responsables de l'Aide sociale à l'enfance d'un Département à des charlatans de la pédagogie relève, soit d'une incompétence crasse dans leur chef, soit d'une aggravation des problèmes à traiter telle qu'ils ne sachent à quel Saint se vouer (et vouer les jeunes dont ils ont la charge). À moins encore qu'un déficit général de savoir-faire des professionnels de l'aide sociale les pousse à se tourner vers des amateurs ?

 Par Jean-Pierre Bartholomé 


La France serait-elle encore une fois le pays des grandes déclarations de principe sur le droit des personnes, en l'espèce appelées «usagers», sans que l'on se soucie vraiment de vérifier leur mise en oeuvre ?

Ce n'est pas une nouveauté : il y a deux ans, lors de l'affaire «Cheval pour tous», on déplorait qu'une quarantaine de juges pour enfants fassent confiance à cette organisation aux méthodes douteuses censée apporter un remède miracle aux cas réputés difficiles; à l'«École mobile» aussi on présente un projet «original» médiatisé, controversé, lié à une personnalité loin de tout professionnalisme.

L'on a vu des amateurs surpasser des pros ou soit-disant tels, aussi doit-on juger sur pièce. C'est le rôle de l'administration et des juges qui garantissent le respect des droits de chacun.

Mais que fait l'Inspection, se demande Jean-Pierre Cocco dans ce journal ?

Quelle Inspection ? Alors que les services du Conseil général applaudissent, l'État ne dispose, ni au ministère des Affaires sociales, ni à celui de la Justice de corps d'inspection suffisants pour connaître le terrain, accaparés qu'ils sont par les questions de tarification hospitalière ou par le contrôle financier des institutions. La qualité des services rendus à grands frais par la collectivité n'est guère examinée qu'à l'occasion de drames, et encore il faut que cela dure des années avant d'ébranler l'administration (voyez l'exemple de l'Yonne).

Des fonctionnaires de ces services le confirment sans ambages au JDJ : ils sont trop peu nombreux dans l'ensemble des Régions et Départements pour surveiller ne serait-ce que l'une ou l'autre des institutions de leur ressort qui accueillent des enfants ou des vieillards. C'est qu'il s'agit de connaître à fond ces institutions par des visites fréquentes tout au long de l'année comme cela se pratique dans des pays voisins. La France serait-elle encore une fois le pays des grandes déclarations de principe sur le droit des personnes, en l'espèce appelées «usagers», sans que l'on se soucie vraiment de vérifier leur mise en oeuvre ?

Cela coûtera des millions de renforcer les services décentralisés du ministère de la Justice et de celui des Affaires sociales en créant des postes par centaines pour couvrir l'ensemble du territoire, et l'argent ne fait pas tout. Les déclarations de Ségolène Royal et ses instructions en direction des préfets renouvelées en juillet dernier, de même que des initiatives prises au niveau de l'Inspection des Affaires sociales en vue de répandre une méthodologie de l'inspection vont dans le bon sens mais ne seront qu'une manière de se donner bonne conscience dans quelques cas, les plus graves ou les plus voyants, sans prise réelle sur la réalité du grand nombre, si l'État ne se dote pas d'un réel outil de contrôle.