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Edito du n° 210 (12-2001)

Le joli mois de novembre

La France est décidément un pays d’exception !

Ainsi vient de se jouer un «quarté dans le désordre» tout à fait remarquable ! Ironie de la situation : l’enfant en danger en était l’enjeu.

 Par Marceline Gabel 


En un mois, successivement mais en ordre dispersé une série de constats sur les bonnes et les mauvaises pratiques et de recommandations souvent plus incantatoires qu’assorties des moyens aura été faite.

Premier épisode : remise au Président de la République, par Marie-Thérèse Hermange d’un rapport préparé pendant un an avec l'Unicef, par plus d’une centaine d’experts, de professionnels, d’associations et de corps constitués pour le Sommet mondial des enfants à l’ONU. Des milliers d’enfants y ont été associés.

Ce rapport est une somme de constats sans concessions et de propositions fortes, pour chacun des articles de la Convention des droits de l’enfant.

Deuxième épisode : États généraux de la protection de l’enfance organisés à la Sorbonne par Ségolène Royal, ministre déléguée à la Famille. Plus de mille élus locaux, professionnels et associations ont présenté de façon quelque peu compétitive mais combien stimulante, les actions développées sur le territoire national. De leur côté, pas moins de trois ministres et le chef du gouvernement ont présenté à cette occasion, le bilan de la politique en faveur de l’enfance.

Troisième épisode : à l’Unesco, colloque organisé par le Cofrade (Conseil français des associations pour les droits de l’enfant) et l’Unesco. Moins généraliste, ce colloque s’est attaché cette année à un seul article de la Convention : le «droit à l’expression de l’enfant» comme réponse à la violence.
Haut patronage et parrainages, étaient ici plus oecuméniques !

Quatrième épisode : Claire Brisset, défenseure des enfants, remet son rapport annuel au Président de la République et aux Présidents des deux assemblées, ainsi que la loi lui en fait obligation, après en avoir présenté les grandes lignes à son conseil d’orientation. Dysfonctionnements institutionnels, problématiques marquantes et autres recommandations sont présentées par le Défenseure.

Ainsi, en un mois, successivement mais en ordre dispersé une série de constats sur les bonnes et les mauvaises pratiques et de recommandations souvent plus incantatoires qu’assorties des moyens aura été faite. Sans compter les déclinaisons locales où l’État, les Conseils Généraux et les Municipalistes se sont déployés. Ces moments forts, rassemblent sans aucun doute, et ils en ont besoin, les énergies des professionnels chargés de la protection des enfants et de leurs familles. Certes ces professionnels ont besoin d’être reconnus, soutenus et financés, mais cet intérêt du chef de l’État, à celui du gouvernement, en passant par les ministres et élus locaux, ne donne-t-il pas soudain l’image de l’ouverture d’une campagne électorale ?

Alors, l’enfant, déjà objet de consommation marchande deviendrait-il un objet politique ?
Alors que l’on recommande tant aux professionnels la «transversité» dans leurs pratiques, on aurait aimé voir ensemble et symboliquement les trois femmes qui aujourd’hui portent le plus haut intérêt des enfants, Claire Brisset, Marie-Thérèse Hermange et Ségolène Royal. L’enfant, si on le respecte, n’est ni de droite, ni de gauche, pas plus que propriété des médias ou de publicités.