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Edito du n° 220 (12-2002)

No comment ?

Nous publions ce mois, pratiquement sans analyse ni commentaire, le discours de la droite sur la sécurité intérieure, discours extrait de l'exposé des motifs du projet de loi Sarkozi et celui, extrait de l'avis sur la prison présenté par Valérie Pecresse, au nom de la commission des lois de l'Assemblée nationale lors de la discussion du projet de loi de finances pour 2003, qui met en oeuvre une bonne part des promesses sécuritaires de la majorité.

Il fallait diffuser et il faut lire ces proclamations pures et dures, naïves ou cyniques pour se rendre compte du niveau de réflexion de nos élus qui ne s'élève hélas pas au dessus de celui qu'ils prêtent à leurs électeurs.

 Par Jean-Pierre Bartholomé 


Les Français qui ont voté Chirac l'ont-ils fait pour entendre officialiser et mettre en pratique le discours de Le Pen ?

Et mesurer la difficulté d'expliquer comment des recettes aussi simplistes ne peuvent apporter de solution à des problèmes complexes. Les Français qui ont voté Chirac l'ont-ils fait pour entendre officialiser et mettre en pratique le discours de Le Pen ?

Ces projets ne sont, au demeurant, guère différents, si ce n'est la rhétorique, de ce que nous concoctait la gauche de Lionel Jospin, Daniel Vaillant,Julien Dray et autres chevénementistes d'occasion. Allez vous y retrouver et expliquer cela à un Persan...

Ce verbe haut et fort d'une majorité politique sûre d'elle plaît aux forces de l'ordre (on dit désormais forces de sécurité intérieure) vouées à la lutte du bien contre le mal. L'inanité du projet apparaît d'emblée aux autres professionnels qui savent - peut-être Nicolas Sarkozi le sait-il aussi - qu'elles n'auront guère d'impact sur la criminalité. Mais est-ce de cela qu'il s'agit ou bien de plaire au peuple auquel on veut faire croire que l'on agit vite et bien ?

Ces projets sont dangereux en ce qu'ils laissent accroire que nous n'aurions d'autre moyen d'assurer la tranquilité de tous qu'en enfermant les pauvres et les délinquants. Dangereux parce que cela ne va pas réussir mais que, dans ce pays, nous avons tous tendance, et les hommes politiques ne font pas exception, à remettre une couche en faisant plus la même chose quand cela a raté...

Sans prôner la solution paradoxale à 180° des systémiciens et la fermeture des prisons, on est en droit de réfléchir aux effets de la politique suivie qui risque, si l'on y prend pas garde, de nous entraîner dans une situation à l'américaine où la sécurité n'est apparemment pas garantie malgré les efforts pour discipliner les écoliers dès le plus jeune âge et punir sévèrement les petits ou grands délinquants.

En France, le verbe est souvent plus important que le geste et parler satisfait plus qu'agir. On oubliera sans doute les outrances du discours et la fausseté de ses bases; on ne démolira pas les bastilles du pauvres que construira le ministre préposé aux bâtiments pénitentiaires (officiellement : aux programmes immobiliers de la Justice...).

Verba volant, les hommes politiques passent, mais, à moins qu'une génération plus intelligente que la nôtre les transforme en centres culturels, les cellules de ces prisons resteront. Oui, ces ministre bâtisseurs de la Justice et de l'Intérieur (que Guy Bedos trouve bien gentil) sont décidément des hommes dangereux. Il faut donc bien lire leur prose.