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Edito du n° 227 (09-2003)

La faute aux Français ?

Fin des vacances, fin d’une trêve et, peut être, retour aux conflits sociaux… La méfiance ne doit pas néanmoins anéantir les bonnes résolutions de la rentrée.

Les enfants promettent de bien travailler à l’école, les parents d’être moins stressés et nos hommes politiques promettent de... tenir leurs promesses.

 Par Houda Ouhmida 


Fidèle à la pensée weberienne, le gouvernement ne confond pas le savant et le politique. Le premier se situe sur le terrain de l’expertise, au coeur des problèmes de société et de la résolution de ceux-ci; tandis que le second se positionne paradoxalement dans une sphère moins rationnelle, moins objective.

Elles sont importantes en matière sociale : famille, adoption, protection de la jeunesse, personnes handicapées, personnes âgées, sur un air de décentralisation et de réduction des impôts. Le gouvernement s'y est engagé, ces chantiers seront achevés d’ici la fin de l'année ! Il faudra demeurer éveillés, à l’écoute pour nous fondre un peu dans la Marianne républicaine.

Le drame sanitaire de l'été a été imputé à la responsabilité collective, au manque de solidarité familiale : c'est la faute aux Français, a dit le Président de la République !

Comme si la démocratie représentative - qui n’exonère pas le citoyen de ses responsabilités naturelles - ne renforçait pas celles des élus qui disposent d’une parcelle de notre souveraineté, ce n’est tout de même pas rien ! Alors, à l’instar de notre président, exhortons nos représentants à assumer leurs responsabilités : les rapports ont été rendus, l’heure est au volontarisme politique...

Fidèle à la pensée weberienne, le gouvernement ne confond pas le savant et le politique. Le premier se situe sur le terrain de l’expertise, au coeur des problèmes de société et de la résolution de ceux-ci; tandis que le second se positionne paradoxalement dans une sphère moins rationnelle, moins objective.

Oui, s'il s’agit d'entendre l’opinion publique, nos gouvernants s'inquiètent surtout de se faire entendre des citoyens dont les passions constituent la redoutable épée de Damoclès du gouvernement. Un pas en avant, deux pas en arrière, la décision politique se base sur l’objectivité des experts mais se construit au rythme des pulsations cardiaques de l’électorat.

Au final, c’est bien la société civile qui guide les protagonistes de l'action gouvernementale. Jusqu’où serons nous donc capables d’aller ?

La baisse des impôts dans une conjoncture économique défavorable est-elle bien raisonnable ? Les centres éducatifs fermés sont dotés, montre Philippe Richard, de moyens importants qui seraient bien nécessaires dans l'ensemble du secteur social plutôt mis à mal par le gouvernement, comme s'en plaint la Fnars; on conviendra avec lui que ces centres valent mieux qu'une prison même si nous divergeons sur la reconnaissance du label «éducatif» de ces prisons pour jeunes; l'hypocrisie du langage est bien là.

Le rapport de la cour des comptes sur la Protection judiciaire de la jeunesse note l'augmentation considérable des moyens accordés à cette administration qui semble incapable de les utiliser rationnellement; de quoi conforter les tenants d'une décentralisation qui épouvante quelques corporatistes rétifs au changement.

«Rendre la solidarité plus forte» c’est donner à chacun la possibilité d’assumer ses propres responsabilités. La solidarité effective commence par rétablir chacun, jeunes, adultes, professionnels dans l’exercice de ses droits. Bernard Cavat y appelle les travailleurs sociaux dans ce numéro.