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Edito du n° 233 (03-2004)

Le front gouvernemental

Mois animé par les manifestations des avocats contre la loi dite Perben II et les protestations d'une partie importante de la magistrature... Les réactions aussi vives que tardives, n'ont pas empêché le gouvernement de poursuivre son programme sécuritaire.

Le peuple l'exige, le gouvernement le gave !

 Par Houda Ouhmida 


Les syndicats, les associations et les professionnels de l'action sociale s'agitent sans véritable impact dans cette nouvelle ère liberticide dont l'évolution paraît, à d'aucuns, inéluctable.

La multitude des projets disperse les réactions dont les échos se trouvent ainsi étouffés.

Yann Le Pennec s'insurge contre l'emprise sécuritaire qui néglige l'éducatif, ce n'est malheureusement pas nouveau, tandis que Jean-Luc Rongé signale la tartufferie gouvernementale dans son article relatif au le secret professionnel.

Pierre Verdier, lui, rappelle les gardes fous que le gouvernement semble oublier, voire ignorer, en matière d'adoption. Ces appels seront ils entendus ?

Les syndicats, les associations et les professionnels de l'action sociale s'agitent sans véritable impact dans cette nouvelle ère liberticide dont l'évolution paraît, à d'aucuns, inéluctable.

L'autorité semble reprendre ses sens. L'autorité législative ne démord presque jamais en adoptant la majorité des textes d'initiative gouvernementale. Les lois Perben et Sarko prétendent répondre à une demande populaire de rigueur répressive à l'égard des jeunes et des étrangers. Bilan provisoire des dégâts : les CEF ont fait hurler, leur existence est maintenue; la loi sur la maîtrise de l'immigration a suscité de nombreuses réactions, le processus législatif est néanmoins arrivé à son terme; la loi sur la sécurité quotidienne qui avait également déchaîné les passion est déjà entrée en vigueur. La loi Perben sur la criminalité a ponctuellement alimenté des controverses. Le parlement l'a adoptée sans renâcler. Rien ne semble ébranler le front gouvernemental.

Le dossier sur la décentralisation de l'assistance éducative conforte cette impression d'une action gouvernementale injustifiée et insensible à l'opposition institutionnelle et démocratique.

Dans ce marasme liberticide, la Cour européenne des droit de l'homme (voir l'article de Catherine Laurent) rappelle à l'ordre les États qui se veulent plus royalistes que le roi. La Cour a ainsi rappelé que seules des circonstances suffisamment graves autorisent l'État à s'ingérer dans la sphère familiale dans le cadre d'un placement d'enfants.

Faut-il aussi rappeller à certains que la fin (la faim ?) électoraliste ne justifie pas tous les moyens ?