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Edito du n° 234 (04-2004)

Dessine-moi une action sociale !

Saint Exupéry n’aurait pas proféré une telle quête au Petit Prince.

Le dessein serait trop peu évident. L’action sociale est devenue la pierre angulaire de nombreuses constructions intellectuelles et gouvernementales. Elle peut justifier tout et son contraire !

 Par Houda Ouhmida 


On ne peut être que choqué d'entendre un ministre de la République opposer les valeurs du travail à la mendicité des allocataires sociaux. Carton rouge pour le gouvernement !

D’abord, les liens familiaux doivent être préservés. Mais l’air du temps, n’en déplaise à beaucoup, privilégie plutôt le délitement du lien familial (en favorisant les adoptions ou les placements) toujours au nom des nécessités de l’action sociale.

Surtout, l’action sociale du gouvernement s’inscrit dans les voies de la stigmatisation sociale et de la répression. Pourtant, Christian Thévenot, magistrat, dénonce le retour à l’âge baroque de l’institution judiciaire. Ces huées contre les nouvelles formes de politiques sociale et judiciaire sont nombreuses mais demeurent sans écho dans l’hémicycle parlementaire.

Les récentes élections régionales et cantonales ont vraisemblablement exprimé le désir citoyen d’un changement de cap : l'action n’est pas la répression systématique tandis que le social n’est pas la stigmatisation des classes défavorisées. On ne peut être que choqué d'entendre un ministre de la République opposer les valeurs du travail à la mendicité des allocataires sociaux. Carton rouge pour le gouvernement ! Raffarin bafoué par la France d'en bas !

L’action, qu’elle soit familiale, sociale ou politique, est tâtonnée, expérimentée, raisonnée, passionnée, rejetée... Quoiqu’il en soit l’action répond à un processus de maturation et d’établissement personnel comme nous le démontre pour le lien familial Suzanne Robert-Ouvray. Mais la réflexion a posteriori, selon Antonio Fulleda, doit permettre de lutter contre la fatalité historique des violences familiales. La médiation appelée à devenir un principe constitutionnel.

Ne devrions-nous pas transposer le raisonnement de l’auteur aux violences législatives de certains ministères ? Mais la reconstruction personnelle (voire collective) passe nécessairement par le pardon comme nous le démontre Maryse Vaillant.

Pardonner ce n’est pas accepter ! Le carton rouge est la matérialisation de la volonté de rupture et le pardon devient le point de départ du changement. Pour devenir adulte, il faut dépasser les blessures de l’enfance. Au même titre que pour devenir citoyen actif, il faut dépasser les démagogies. Pardonner à Chirac ? En tout cas, on ne lui tendra plus la joue gauche...

Critiquer et agir, c’est prendre le risque de l’échec. Philippe Gaberan justifie cette équation dans la relation éducative. En tirer des leçons, c’est innover, expérimenter. Pourtant, Paul Bichwiller déplore la carence imaginative des professionnels. Enfin, toutes les actions éducatives doivent s’inscrire dans une approche juridique du soutien éducatif à la fonction parentale selon Marie-Odile Gobillot.

Entre protection de l’enfant et droits des familles, existe un vaste espace dans lequel peuvent s’exprimer les volontés des institutions publiques, des associations, des parents, des enfants, des professionnels.
Peu importe l’action sociale (éducative), pourvu qu’on ait de bons résultats !