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Edito du n° 243 (03-2005)

Les ahuris de la République !

La jeunesse inquiète et l’immigration dérange.

C’est l’objet développé par le rapport préliminaire de la commission prévention du groupe d’études parlementaires sur la sécurité intérieure. Rapport Bénisti.

Avec un intellectualisme déconcertant et une pseudo expertise scientifique, les rapporteurs ont sorti de la boîte de Pandore les solutions miracles pour endiguer la délinquance.

 Par Houda Ouhmida 


Si les actions médico-sociales savamment imaginées par la Commission Bénisti ne permettent pas aux jeunes étrangers (hors Union Européenne bien entendu) d’être «bien éduqués», alors est préconisé le placement irréversible de l’adolescent par le juge des enfants.

La clé de voûte de cette étude est révélée dans «la courbe évolutive d’un jeune qui au fur et à mesure des années s’écarte du droit chemin pour s’enfoncer dans la délinquance». L’imagination de nos élus rapporteurs est aussi farfelue que simpliste ! Sept étapes avant l’entrée dans la grande délinquance ont été identifiées. Jusque l’âge de dix ans, les prémices de la «déviance» seraient essentiellement liées aux difficultés de l’apprentissage de la langue française.

Les coupables ? Les parents qui ne communiquent que dans leur «parler patois du pays à la maison».

Est-ce un hasard que les deux derniers conseillers techniques du ministère de l’intérieur mêlés à cette affaire soient Rachida Dati et Abdel Aissou ? Enfants immigrés modèles jusque dans les plus hautes sphères ou simple légitimité-alibi du pouvoir politique ?

Si les actions médico-sociales savamment imaginées par la Commission Bénisti ne permettent pas aux jeunes étrangers (hors Union Européenne bien entendu) d’être «bien éduqués», alors est préconisé le placement irréversible de l’adolescent par le juge des enfants. Exit les mauvais parents !

Pourtant, ils devaient être au coeur du dispositif de prévention de la délinquance. Bref, le groupe de travail n’est pas à un contresens près… Les travailleurs sociaux, les responsables de la jeunesse, les parents, tous, nous nous serions amusés d’un canular grotesque rédigé un 1er avril par des étudiants post-pubères oisifs. Or l’heure est plus grave et plus austère. Ce sont nos fonds publics qui ont financé ces encres noires d’inepties. Pire, c’est notre ministère de l’intérieur qui espérait ce rapport pour alimenter son action gouvernementale de prévention de la délinquance.

Villepin est-il tombé sur la tête ? Depuis plus d’un an, le projet de loi sur la prévention de la délinquance suscite de vives inquiétudes. À l’instar du locataire de la place Vendôme avec les CEF et actuellement les CPM (centres pénitenciers pour mineurs), les départements faisant du zèle ne manquent plus d’imagination : fichiers nominatifs, secret partagé, confusion des genre. Désormais, l’autorité c’est la sanction et la punition, l’enfermement. La prévention spécialisée quitte le Samu social pour le Samu carcéral !

Les éducateurs doivent devenir des apprentis Lucky Luke.