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Edito du n° 246 (06-2005)

France - Europe : besoin d'une thérapie sociale ?

Le gouvernement de droite et ses alliés socialistes sont sortis groggy du vote du 29 mai dernier. 54,87% de non !

Chiffre encore plus significatif pour un suffrage auquel le taux de participation fut élevé. Responsables politiques, professeurs, syndiqués, militants, citoyens, chacun tergiversent pour justifier l'anachronisme français. Fronde contre l'inefficacité des politiques nationales, rejet du libéralisme d'inspiration anglo-saxonne, réflexes nationalistes, perplexité face à un texte technique difficile à comprendre…les raisons ne manquent pas.

Cette hétérogénéité comporte néanmoins une volonté commune : en finir avec la politique en vigueur depuis 2002.

 Par Houda Ouhmida 


Le contexte semble favorable aux propositions innovantes teintées de solidarité. Mais, la feuille de route du nouveau gouvernement saura-t-elle raviver la confiance des citoyens ?

Les effets de ce vote auront-ils un véritable impact sur la politique sociale de la France ? Nombreux étaient ceux qui recherchaient dans le traité européen des réponses à leurs difficultés quotidiennes. Droits successoraux des couples homosexuels, droit social, délocalisations, adoptions, fiscalités, logements etc… Les retraites, la protection des personnes âgées, la réforme des droits des personnes handicapées, la décentralisation, la politique de l'immigration, le RMA, les réformes de la procédure pénale sont autant de chantiers qui ont suscité la mobilisation contestataire de citoyens et de professionnels. Ces plans seront-ils renégociés, voire réorientés ?

Le contexte semble favorable aux propositions innovantes teintées de solidarité. Mais, la feuille de route du nouveau gouvernement saura-t-elle raviver la confiance des citoyens ?

Entre les contraintes d'une économie ouverte, une diplomatie française affaiblie, une croissance économique faible, un euro fort, un déficit budgétaire de 1000 milliards d'euros, les marges de manoeuvres sociales semblent limitées.

Ne faut-il pas tordre le cou au fantasme selon lequel les politiques sociales seraient un gouffre financier ? L'évaluation et la rationalisation des moyens sont des prismes pertinents pour la mise en place de politiques concertées et légitimées par les acteurs professionnels. Ainsi, les avocats pour la procédure pénale, les magistrats pour la réforme de la protection judiciaire de l'enfance, les éducateurs pour les centres éducatifs fermés, les associations pour le plan de cohésion sociale, les acteurs locaux pour la décentralisation devraient être davantage consultés en amont des projets gouvernementaux.

À vingt-deux mois des élections présidentielles, les actions gouvernementales risquent d'être davantage conduites par des considérations politiciennes.
Dans une démocratie, la pression populaire à travers le vote est le meilleur régulateur politique. Les usagers citoyens se sont repositionnés sur l'échiquier politique. «La France d'en bas» ne peut être seulement un slogan. Cette France a dit non, un non d'espoirs, un non de peurs !