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Edito du n° 252 (02-2006)

Gare au dynamitage du secret professionnel et de la prévention*

Depuis plusieurs mois, diverses initiatives réunissant des acteurs très variés dans le champ politique et professionnel se sont succédées pour en appeler à une réforme de la protection de l'enfance. Des propositions, des appels, des rapports laissent penser qu'une approche commune pourrait fédérer tous les acteurs, indépendamment des enjeux de société qui sous-tendent les politiques publiques dans ce domaine (par exemple la note d'étape «Bloche-Pécresse» du 28 juin 2005 - Assemblée nationale).


Comment pourrait-il y avoir un consensus autour de la réforme de protection de l'enfance quand les annonces gouvernementales entretiennent délibérément la confusion entre protection de l'enfance et prévention de la délinquance ?
Pourtant, peut-il y avoir un consensus entre :

Il n'y a pas plus de consensus possible autour des politiques actuelles qui frappent les conditions de vie de nombreuses familles et dégradent la protection des enfants : deux millions d'enfants sous le seuil de pauvreté, des dizaines de milliers de familles en errance et sans domicile fixe; des politiques de santé et de protection sociale laissant à la charge des familles une part substantielle du coût des soins et réduisant donc l'accès aux soins; une politique hospitalière conduisant mères et nouveaux-nés à rentrer au domicile sans avoir reçu l'accompagnement nécessaire à cette période si sensible; des politiques privilégiant la sanction à l'égard des parents en difficulté, avec les projets de suppression des allocations familiales alors que leur objet premier est l'aide financière aux familles; une logique de sanction prépondérante avec la remise en cause de l'orientation prioritairement éducative de l'ordonnance de 1945 relative à la protection judiciaire de la jeunesse; des politiques d'expulsion des parents en situation irrégulière, au mépris des droits fondamentaux inscrits dans la convention internationale des droits de l'enfant dont la France est signataire.

Enfin, comment pourrait-il y avoir un consensus autour de la réforme de protection de l'enfance quand les annonces gouvernementales entretiennent délibérément la confusion entre protection de l'enfance et prévention de la délinquance ?

Pour progresser ne nous trompons pas de cible : il faut se garder, en revisitant la législation, de toute disposition qui risque de dynamiter la prévention et le secret professionnel; il faut exiger les moyens réels, par la solidarité nationale, permettant à tous les acteurs de faire face aux missions de protection de l'enfance dans les secteurs de l'action sociale, de la santé, de la pédopsychiatrie, de la protection judiciaire de la jeunesse, de l'éducation, de la justice des mineurs.


* Extraits du document distribué le 26 janvier 2005 par le syndicat national des médecins de protection maternelle et infantile S.N.M.P.M.I., 65-67 rue d'Amsterdam, 75008 Paris - tél : 01.40.23.04.10, Fax : 01.40.23.03.12 snmpmi@free.fr