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Edito du n° 264 (04-2007)

Préparons-nous à résister

On peut sérieusement se lasser d'entendre les lamentations sur la pauvreté des programmes des candidats ayant une chance sérieuse d'accéder à la «magistrature suprême».

«N'importe quoi !», «Pas sérieux !», «démago !»… «Ils n'y connaissent vraiment rien».
Adressées à des politiciens aguerris qui ont exercé des responsabilités ministérielles à «l'Intérieur», à «la famille» ou à «l'Éducation nationale», ces invectives nous amènent à poser la question de savoir si le principe de Peter n'est pas devenu le plan de carrière de nos élus.

L'axiome en est que «tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence», immédiatement suivi par son corollaire : «avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d'en assumer la responsabilité». Pour la rigolade, les Guignols l'avaient déjà appliqué à l'élection de Jacques Chirac en 1995. En 2002, on a largement plébiscité l'incompétent qui faisait face au salaud.

 Par Jean-Luc Rongé 


Les garanties proclamés par la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ne sont revendiquées par aucun de ces candidats. Ils n'ont d'ailleurs pas répondu à la lettre leur demandant que l'ordre juridique français intègre les exigences qui y sont contenues.

En 2007, à droite comme à gauche, se pose la question du «vote utile». Les deux candidats de droite se distinguent par leur taux d'agressivité : l'un fait peur bien qu'il se prenne parfois pour Jean-Paul II («N'ayez pas peur»), l'autre prétend rassurer en faisant peur à l'UMP et au PS. Ségolène fait peur à son parti et à ceux qui lisent son programme : parler au nom du peuple consulté et prétendre détenir la vérité est l'apanage des autocrates.

Lorsqu'on entend Nicolas Sarkozy déclarer, à propos des éducateurs, «excuser toujours l'enfant, lui donner tous les droits, ne jamais forcer sa nature, ne jamais chercher à discipliner ses instincts, ses pulsions, ce n'est pas protéger l'enfant, c'est trahir l'enfant, le laxisme est une trahison de l'éducation de l'enfant» ou Ségolène Royal promettre, la main sur le coeur, «je veux pour tous les enfants qui naissent et qui grandissent en France la même chose que pour mes enfants», c'est bien faire preuve d'une ignorance crasse de l'activité des travailleurs sociaux et des conditions de vie des familles qui ne sont pas assujetties à l'ISF.

Et François Bayrou n'est pas mieux dans le registre quand il promeut des sanctions aussi rapides qu'éducatives. Feint-il d'ignorer qu'éducation et justice expéditive ne vont pas bien ensemble ?

On se rassure en se rappelant qu'un président de la République, même en France, ne gouverne pas seul, qu'il a besoin d'une majorité et qu'un parlement n'est plus peuplé de «godillots», allusion aux premières majorités de la Ve République. La cohabitation est passée par là.

Les garanties proclamés par la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ne sont revendiquées par aucun de ces candidats. Ils n'ont d'ailleurs pas répondu à la lettre leur demandant que l'ordre juridique français intègre les exigences qui y sont contenues (1).

La revendication d'un «ordre juste», l'annonce de la «fin du laxisme», autant que celle d'une «politique de soutien et d'éducation des familles» aux contours flous font frémir.
Ces annonces nous rappellent que les rafles à la sortie des écoles, la mise au ban de parents ou l'expédition des enfants dans des internats à l'encadrement coercitif demeurent des menaces sérieuses.

Apprêtons-nous à résister, par l'arme du droit, des droits de l'enfant, voire même par la désobéissance civile, comme le combat du Réseau éducation sans frontières en a montré la voie.


(1) www.dei-france.org