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Edito du n° 284 (04-2009)

Panique à bord

Dans une lettre adressée à des parlementaires, le Collège de psychiatrie publique de l'adolescent des Hauts-de-Seine lance un message d'alerte faisant part de la vive inquiétude et de l'incompréhension des intersecteurs de pédopsychiatrie du département. L'ancien navire amiral du Président de la République fait aussi l'expérience de la restructuration des services de la Protection judiciaire de la jeunesse :

 Par Jean-Luc Rongé 


«Piégés par la folie du risque zéro, médiatiquement exposés, ils tentent de se protéger de tout reproche potentiel car ils craignent plus que tout d'être accusés de ne pas avoir assez protégé»
«Ces structures associent la PJJ, l'ASE et la psychiatrie publique du département des Hauts-de-Seine dans des dispositifs originaux en faveur des adolescents, en particulier pour des situations complexes. Il s'agit notamment de jeunes présen-tant des troubles du comportement auxquels les familles n'ont souvent pas les moyens de faire face et qui mettent toutes les structures d'accueil, les services de soins et les services éducatifs en échec lorsqu'ils agissent isolément».

Trois structures de la PJJ sont liées par convention aux dispositifs pédopsychiatriques et à l'ASE qui associent accompagnement éducatif, soin et hébergement. Elles étaient jusqu'à présent co-financées, par une convention entre le Conseil général, le ministère de la justice et l'agence régionale hospitalière. Ce partenariat est souvent cité comme modèle dans d'autres départements.

«Une logique comptable semble devoir présider à des regroupements des moyens de la PJJ sur d'autres sites de la région, laissant le département des Hauts-de-Seine sans structure d'hébergement spécifiquement dédiée aux adolescents les plus difficiles. De plus le Conseil général a arrêté son financement (…) au 1er janvier 2009. Ces décisions nous paraissent en contradiction avec la politique menée au niveau national (…)».

«Si ces dispositifs partenariaux sont supprimés que deviendront ces adolescents «incasables», qui ne peuvent être bien traités que dans le cadre d'une synergie entre nos institutions ?», concluent les pédopsychiatres alarmés.

Les médecins peuvent encore parler, eux. Leur constat rejoint ceux de nombre d'agents de la PJJ, des ASE et de cadres territoriaux, obligés de se plaindre dans l'anonymat.

Le devoir de réserve que leur impose l'administration ne permet pas de critiquer les orientations choisies, sauf lorsqu'un agent exerce un mandat syndical. C'est pourquoi nous diffusons une lettre, absente de signature, accompagnée de la grille de «recueil de renseignements socio éducatifs» ayant vocation à être commune à l'ensemble des services, que la PJJ entend expérimenter. «Elle vise à harmoniser les pratiques professionnelles notamment dans un souci de meilleure lisibilité vis-à-vis des juridictions» selon le directeur de cette administration.

Guy Hardy fustige la méthode «parapluie» qui se généralise dans les Conseils généraux et les associations habilitées en protection de l'enfance : «Piégés par la folie du risque zéro, médiatiquement exposés, ils tentent de se protéger de tout reproche potentiel car ils craignent plus que tout d'être accusés de ne pas avoir assez protégé». D'autres, pour avoir veillé au respect de la loi – notamment quand il s'agit de venir en aide aux mineurs étrangers isolés -sont menacés de déplacement ou de fin de mission.

Comment résister aux pressions quand on est cadre territorial à Marseille et que les places qui s’ouvrent sont à Orléans, quand, détaché dans la région parisienne, la menace d’un retour en province est agitée comme sanction ?