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Edito du n° 285 (05-2009)

Les tricheurs

On serait au cirque qu'on applaudirait ces fameux prestidigitateurs. Mais quand le spectacle se prolonge au-delà de ce qui doit être un simple divertissement, les tours qui nous sont joués deviennent insupportables et l'adresse des illusionnistes ne fait plus illusion. On soupçonne les stratagèmes, on débusque les trucs. Quand les magiciens apparaissent dans leurs habits de tricheur, on ne veut plus subir le mensonge qui faisait le clou du spectacle.

 Par Jean-Luc Rongé 


C'est notamment à l'aide précieuse du GISTI que nous devons ce numéro, à la jurisprudence que ce groupement a suscitée, tout autant à celle qu'il collecte avec méticulosité.
«J'ai découvert un chiffre terrifiant qui nous disait que près de 40% des enfants qui étaient passés par la Protection de l'enfance avaient connu un parcours de sans domicile fixe». À chialer ! Ça, c'est du Nadine Morano qui affirme, la bouche en cœur – pour autant que cela lui soit possible – alors qu'elle s'apprête à ouvrir les vannes du réservoir de l'ASE pour l'adoption nationale : «Ce lien [biologique] est évidemment primordial et il n'est pas question de lancer une procédure d'abandon quand le délaissement n'est pas avéré. Je rappelle qu'il n'y aura aucune automaticité. Mais il faut s'occuper du destin des enfants délaissés…».

Après le dépôt du projet de loi sur l'adoption, elle ne craint pas de rassurer en disant qu'il n'y a pas d'objectif chiffré, tout en pressant sur la commande d'accélération des procédures d'abandon : «les travailleurs sociaux devront dire chaque année si oui ou non les enfants qu'ils suivent sont délaissés par leurs parents et ce dès la première année». Et le projet de loi de prévoir que désormais le parquet – et pas seulement l'ASE – pourra requérir le juge aux fins constater l'abandon. Il est vrai que les procureurs sont plus disciplinés que les Conseils généraux…

La palme de la mauvaise foi reviendra à Éric Besson qui n'a même pas besoin de mettre la main sur le cœur pour affirmer «Il n'y a pas de délit de solidarité en France, et (…) toutes celles et ceux qui de bonne foi aident un étranger en situation irrégulière ne risquent rien. (…) personne en 65 ans, n'a jamais été condamné pour avoir simplement, comme je le lis, hébergé, donné à manger, transporté en auto-stop, un étranger en situation irrégulière».

Quand le journaliste lui cite la trentaine de jugements et arrêts de condamnation pour «délit de solidarité», dont deux de cassation, cités par le GISTI (1), sans vergogne, il sort : «Je le dis avec pondération : la crédibilité du GISTI en la matière, elle est quasiment nulle. Chaque fois que je me suis penché avec détail et avec mes services sur les affirmations du GISTI, elles se sont quasiment systématiquement révélées fausses; alors en matière de source, je suggère que le GISTI ne soit pas les tables de la loi».

Vivement que le rideau tombe !

Ceci dit, c'est notamment à l'aide précieuse du GISTI que nous devons ce numéro, à la jurisprudence que ce groupement a suscitée, tout autant à celle qu'il collecte avec méticulosité. Grâce lui soit rendue ! On ne peut que regretter qu'il n'en existe pas un bureau dans chaque grande ville, dans chaque département pour démasquer les mauvais plans des menteurs et des tricheurs.


(1) Consultables sur http://www.gisti.org/spip.php?article1399. Elles concernent pour la plupart des délits d’hébergement, souvent par des amis ou des membres de la famille. Une seule vise l’aide bénévole dans les démarches administratives.