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Edito du n° 286 (06-2009)

Violence, un mot qui envahit les médias

Quels seraient les responsables : les adultes ? les gouvernements ? les gens de pouvoirs ? les enfants ? les jeunes ? Une réponse ne cesse de revenir : les jeunes ! Elle décharge tous les autres de leurs responsabilités.

 Par Élisabeth Auclaire 


Les adultes parlaient de respect, oubliant de respecter le droit au respect de chacun, même des enfants.

Que de personnes, d'associations ont essayé de travailler ensemble, se sont engagées dans la défense des droits de l'enfant, fondée sur la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE), trop peu ont souligné, rappelé, que la principale vertu de cette convention était de rappeler les responsabilités des adultes et des gouvernements dans la découverte par les enfants de leur place dans la cité et dans le monde.

Il  y avait lieu de se réjouir de cette avancée essentielle : la reconnaissance de l'enfant « Personne », la mise en évidence des responsabilités des adultes et des États envers eux qui sont l'avenir du monde. Mais il reste encore une longue route à parcourir pour qu'elle s'incarne dans les lois et la vie quotidienne de tous les enfants du monde. Comment transmettre ces valeurs pour qu'ils comprennent ce qu'elles représentent comme luttes passées, présentes et à venir pour plus de Justice, de Fraternité, d'Égalité, de Liberté là où elles sont trop souvent remises en question.

Pourquoi «droits partagés» ?

On a commencé le plus souvent à dire, maintenant cela va être magnifique pour tous les enfants, tu, vous, ils avez dix grands droits… on racontait l'histoire de la Convention, les enfants disaient à leurs parents : maintenant j'ai le droit de faire ceci, cela… On a très vite commencé à leur rappeler énergiquement qu'ils avaient aussi des devoirs. Finalement plus de devoirs que de droits. Les adultes parlaient de respect, oubliant de respecter le droit au respect de chacun, même des enfants.

Nous avons voulu mettre connaissances, réflexions, recherches, au service de toute la communauté humaine, sans a priori, sans sectarisme... sans prétention. Partager questions et recherches avec ceux qui cherchent des «voies» pour construire avec les nouvelles générations les bases d'un monde ouvert à tous.

Persuadés de l'importance des rencontres et des liens qui se tissent entre adultes et enfants tout au long de la vie, nous avons réalisé, développé et diffusé la base de données «Droits partagés» ; sans attendre de commémorations. Accessible, elle devient source d'informations irremplaçables pour les usagers de tous les âges, des plus jeunes aux plus âgés.

Encore la violence…

Nous y revenons à notre tour, parce qu'on ne peut pas laisser faire, laisser dire, laisser croire que la violence est le fait des jeunes – et pas n'importe lesquels – surtout ceux des banlieues mal famées. Avec eux, une seule action : la trique, plus de policiers, nos rues équipées de tous les gadgets de protection...

Ne pourrait-on pas réfléchir tous ensemble, adultes et jeunes, responsables  de tous niveaux ? Il s'agit de comprendre les causes à l'origine de toutes les peurs; de se poser la question des réponses possibles, qui nous permettraient de vivre ensemble.

Que nous apprend l'histoire de la société ? Nous n'espérions pas des réponses définitives, peut être un éclairage sur les causes et la voie d'une recherche constructive. Nous avons trouvé que la violence n'est pas spécifique à notre société. Aussi loin que nous remontions, nous trouvons des adultes citoyens et des gouvernements plus contents d'eux que de leurs enfants qu'ils chargent, trop souvent, de tous les maux qui les dérangent.

Dans ce qui revient souvent, nous avons trouvé la nécessité de faire vivre l'écoute les uns des autres dans un respect réciproque, et l'envie de vivre ensemble.