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Edito du n° 289 (11-2009)

XXème anniversaire de la Convention des droits de l’enfant

«La France ne protège pas ses enfants contre la misère»

Tel est le cri d'alerte adressé par le Mouvement ATD Quart Monde au chef de l'Etat et aux citoyens de notre pays le 17 octobre dernier, à l'occasion de la journée mondiale du refus de la misère, en cette année du 20ème anniversaire de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant.


 Par Véronique Davienne* 


«Les enfants et les jeunes sont ceux qui feront vivre les droits demain»

 

Aujourd'hui, en France :

- 30% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté sont des enfants. Ils n'arrivent pas à vivre ni à apprendre au milieu des autres, tant sont grandes les humiliations et la discrimination insidieuse dont ils sont victimes. Cette situation, qui les prive d'avenir, a été reprochée à la France par le Comité des droits de l'enfant de l'ONU.

- 130 000 adolescents sortent de l'école sans diplôme ni formation. Massivement, les enfants qui échouent à l'école viennent des milieux populaires et de la grande pauvreté. Pourtant, ils sont tout aussi intelligents que les autres. Une des raisons graves de leur échec est la stigmatisation : un enfant ne peut pas apprendre s'il est ridiculisé, s'il n'ose pas poser une question, s'il est persuadé que tous vont se moquer de lui et que les adultes vont laisser faire. La discrimination liée à l'origine sociale est non seulement inacceptable moralement, mais elle doit être légalement interdite et être prise en compte par la HALDE.

- 300 000 enfants vivent dans l'errance, avec leurs parents, d'hôtels en héberge-ments d'urgence... Leurs conditions de logement, souvent indécentes, renforcent le regard négatif porté sur eux et leur propre sentiment d'être rejetés. «Quand j'étais à l'hôtel, je n'avais pas vraiment de toit, alors on m'a traitée de SDF, ça blesse. Après, on se forge une carapace, on évite de parler de soi.» Le logement conditionne l'avenir des enfants. Nous devons exiger des pouvoirs publics que la construction de logements accessibles aux familles à revenus modestes devienne prioritaire.

- 150 000 enfants, issus majoritairement de milieux défavorisés, sont séparés de leur famille. Est-ce à cause de leur pauvreté – ce qui serait scandaleux - puisque la maltraitance n'est pas en cause dans 80% des décisions de placement ? Faute de connaissance entre les parents et les acteurs de la protection de l'enfance, la peur et les présomptions réciproques les empêchent de s'entendre et débouchent trop souvent sur des décisions qui ne respectent pas l'intérêt supérieur de l'enfant – par exemple, un placement éloigné qui risque d'entraîner la rupture des liens familiaux (1).

C'est pour toutes ces raisons que nous avons interpellé le chef de l'État, qui a accepté le principe d'une rencontre. «Les enfants et les jeunes sont ceux qui feront vivre les droits demain» a déclaré Stéphane Hessel sur le Parvis des Droits de l'Homme, le 17 octobre dernier.


* Déléguée nationale ATD Quart Monde.

1) Lire «Réussir la protection de l'enfance. Avec les familles en précarité» de Marie-Cécile Renoux (Ed.de l'Atelier /Quart monde).