Accueil Editos Breves Archives Sommaires Librairie Abonnements Liens Contact
N° d'abonné :
Mot de passe :


Mot de passe oublié ?
Le prochain JDJ paraîtra le
20 septembre 2013
Consulter un autre édito



Pub inappropriée ?

L'AS-TU LU ?




Edito du n° 291 (01-2011)

Une bonne année

On ne va pas se dire que 2010 sera meilleure que 2009… On ne peut que distribuer quelques vœux :

 Par Jean-Luc Rongé 


aux damnés de la terre, pour lesquels «les mauvais jours finiront» s'ils ne renoncent pas et si nous savons encore leur accorder quelque soutien.

- aux gardés à vue, qui ne doivent pas oublier de répéter «je ne parlerai qu'en présence de mon avocat», et même citer aux policiers médusés quelques phrases de l'arrêt du 27 novembre 2008 de la cour européenne des droits de l'Homme (affaire Salduz c./ Turquie, requête n° 36391/02, JDJ 282, février 2009, p. 52);

 - aux réfugiés afghans, qu'ils ne croient pas qu'on leur fait le plaisir de les reconduire dans une zone de guerre, pour leur éviter le froid hivernal de nos contrées;

- aux départements, que la pression fiscale à la veille d'élections régionales puisse baisser si l'État tenait ses engagements de compenser «un euro pour euro» le transfert de compétence, comme l'avaient promis Jean-Pierre Raffarin quand il était premier ministre et Philippe Bas dont la loi qu'il a portée prévoyait un fonds pour la protection de l'enfance qui devait permettre sa mise en œuvre;

- aux débatteurs de «l'identité nationale», que, passée la trêve des confiseurs, ils gardent les langues de vipère en poche;

- à Éric Besson, qu'il la ferme;

- au Président de la République, que, dans son projet d'États généraux de l'enfance -dont il veut confier la tâche à Nadine Morano -, il sache de quoi et avec qui il parle;

- aux avocats d'enfants, qu'ils se forment un peu plus en droit des étrangers et aux avocats d'étrangers… en droit de l'enfant;

- aux travailleurs sociaux et aux éducateurs, qu'ils ne paniquent pas quand un bébé tombe d'une table à langer; qu'ils résistent à la commande de voir la maltraitance partout;

- à la défenseure des enfants et à la Commission nationale de déontologie et de sécurité, qu'elles ne se fassent pas phagocyter par un «défenseur des droits»;

- aux policiers chargés des contrôles, qu'ils s'initient au théâtre classique : «Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne mourons-nous pas ? Si vous nous faites tort, ne nous vengerons-nous pas ? Si nous vous ressemblons dans le reste, nous vous ressemblerons aussi en cela» (Le marchand de Venise, William Shakespeare);

- à ceux qui contreviennent gracieusement à l'interdiction d'assister les étrangers en séjour irrégulier, qu'ils sachent que les faits pour lesquels ils sont poursuivis font l'honneur de l'humanité;

- aux juges d'instruction, qu'ils ne se retrouvent pas au parquet ou à juger les accidents de la route;

- aux mineurs délinquants, d'abord qu'on leur accorde les moyens de contrôler leurs émotions, et aussi qu'ils ne soient pas «jugés en temps réel»;

- aux agents de la PJJ, qu'ils supportent encore un peu la révision générale des politiques publiques (RGPP) qu'on leur impose et que le temps revienne qu'on donne du temps au temps éducatif;

- aux magistrats, qu'ils se rappellent que l'indépendance n'est garantie que si on n'a pas de plan de carrière;

- aux enseignants, qu'on se rappelle qu'instruire et éduquer, c'est un métier valant le respect, et qu'ils se rappellent que l'enfant a droit à autant d'égards;

- aux damnés de la terre, pour lesquels «les mauvais jours finiront» s'ils ne renoncent pas et si nous savons encore leur accorder quelque soutien.