Accueil Editos Breves Archives Sommaires Librairie Abonnements Liens Contact
N° d'abonné :
Mot de passe :


Mot de passe oublié ?
Le prochain JDJ paraîtra le
20 septembre 2013
Consulter un autre édito



Pub inappropriée ?

L'AS-TU LU ?




Edito du n° 315 (05-2012)

L’espoir d’un changement

L’élection du 6 mai ne va pas chambouler le fonctionnement de la République, puisque la France a choisi un président «normal».

Quand même, on sort de dix ans de politique sécuritaire où ont été dressés en ennemis : les jeunes, quand ils ne se comportent pas comme on le voudrait; les étrangers, surtout ceux qui ne sont pas en ordre; les «assistés», parce qu’ils coûteraient à la collectivité et auraient tendance à la triche, etc..

 Par Jean-Luc Rongé 


Enfin, on pourrait souhaiter que, poursuivant son idée de «présidence pour la jeunesse», François Hollande se consacre à faire adopter dans notre droit tous les principes énoncés dans la Convention des droits de l’enfant; que ceux-ci soient traduits dans une grande loi «pour le bien être de tous les enfants».

On peut résumer qu’étaient montrées du doigt les catégories les plus vulnérables de la société, sauf les handicapés et les personnes âgées… parce que cela ne se fait pas, même si la collectivité ne leur rend pas assez le prix de leur labeur ou de leur souffrance.

On sait que, contrairement à ce que prétendaient ses adversaires de la droite, François Hollande ne va pas ouvrir les portes à l’immigration, qu’il n’est pas certain qu’il va prohiber l’enfermement des enfants dans les centres de rétention administrative, ni qu’il va être d’une tendresse particulière à l’égard de la délinquance.

On ne s’attend pas non plus à un geste fort comme l’abrogation de la peine de mort en 1981. Alors, où serait le changement ?

On pourrait s’attendre à quelques avancées :

- l’engagement progressif d’enseignants s’accompagnera-t-il d’une volonté de réduire les inégalités dans les écoles et les collèges, comme le souligne un rapport de la Cour des comptes ?

- cette réforme de l’enseignement s’engagera-t-elle à mettre fin aux relégations, à l’orientation des enfants vers des formations non qualifiantes, au placement en apprentissage à l’âge de 14 ans ?

- va-t-on enfin revenir aux principes de l’ordonnance de 1945 relative à l’enfance délinquante, à la primauté de l’éducatif, à limiter la détention et la contention aux cas les plus extrêmes ? Va-t-on supprimer le tribunal correctionnel pour mineur qui n’est que la copie de la justice des adultes ?

- l’État va-t-il pouvoir garantir une attention égale aux enfants en danger, dont la protection dépend souvent du bon vouloir des départements ? Va-t-il les inciter à respecter l’égalité entre enfants français et étrangers ?

- l’État va-t-il mettre fin à la chasse aux enfants, aux familles, aux jeunes majeurs étrangers en situation irrégulière ? La politique annoncée du «cas par cas» va-t-elle être confiée à ces préfectures qui n’ont pas respecté le sens de l’humain durant toutes ces années ?

- le gouvernement va-t-il comporter un véritable ministère de l’enfance, disposant de prérogatives dans les domaines régaliens, dont le souci premier sera d’assurer le développement de chacun et le soutien aux familles qui en ont besoin ?

Enfin, on pourrait souhaiter que, poursuivant son idée de «présidence pour la jeunesse», François Hollande se consacre à faire adopter dans notre droit tous les principes énoncés dans la Convention des droits de l’enfant; que ceux-ci soient traduits dans une grande loi «pour le bien être de tous les enfants».

Ce serait le geste fort que l’histoire pourrait retenir.