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Edito du n° 316 (06-2012)

Priorité à l’éducation

C’est dans le programme de la présidence et cela a été confirmé par Vincent Peillon (ministre de l’Éducation nationale) et George Pau-Langevin (ministre déléguée à la réussite éducative) au congrès de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE)(1) : la priorité pour la jeunesse passe par une refonte du système éducatif, dont l’engagement de personnel supplémentaire n’est peut être pas l’aspect le plus significatif.

 Par Jean-Luc Rongé 


«Cessons de faire croire aux enfants dès leur entrée à l’École qu’échouer est un drame et en conséquence interdit. Cessons de nier le droit à l’erreur. Cessons de nier que se tromper est aussi un moyen de comprendre et d’assimiler».

Si les deux ministres se sont contentés de messages de bonnes intentions, le premier a néanmoins souligné son attachement à la coéducation, dans le sens où «l’école ne sera jamais un domaine réservé, elle appartient à tous». Et il garantit «Je serai le ministre des professeurs, et comment pourrait-il en être autrement. Oui, je serai le ministre des parents d’élèves et je le suis aussi. Mais je serai toujours et d’abord le ministre des élèves».

Alors que son ministre de tutelle annonce la concertation et le débat, la ministre déléguée évoque le rétablissement de la semaine de cinq jours, qui ne peut se faire sans tenir compte des rythmes biologiques de l’enfant, constatant au passage que «nous avons en 2012, une année sans équivalent dans aucun autre pays : 140 jours de classe par an !».

Pour faire face à l’échec, au décrochage, à l’exclusion par l’orientation, ils comptent investir le terrain de la réussite éducative qui «englobe également des dimensions culturelles et sociales» en fixant la priorité pédagogique, «au primaire et aux territoires en difficulté», en élargissant l’accès à l’école maternelle.

Intervenant à son tour, Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, souligne que l’école maternelle n’est pas une école au rabais mais un lieu «où le jeu a toute sa place, une école qui s’interdit de faire subir aux enfants toute pression avec des évaluations inutiles (…) le lieu prédominant dans la prévention de l’échec scolaire, favoriser la socialisation des enfants, l’acquisition des règles de vie en commun, le développement du langage; bref, autant d’éléments qui posent des bases solides pour les enfants, réduisant de manière significative les inégalités».

Et, pour s’en prendre à cet élitisme, marque de fabrique de l’École française, il insiste : «Cessons de faire croire aux enfants dès leur entrée à l’École qu’échouer est un drame et en conséquence interdit. Cessons de nier le droit à l’erreur. Cessons de nier que se tromper est aussi un moyen de comprendre et d’assimiler».

Et si concertation s’entend, il faudra mieux faire entrer les parents dans ces établissements où on les tient généralement à distance respectable. Réaffirmant qu’«il n’y a pas de parents démissionnaires», le président de la FCPE souligne : «La bonne réponse aux difficultés des parents est l’aide à la parentalité. Cela ne se fait pas en leur enfonçant la tête sous l’eau» pour rappeler que la suspension des prestations familiales était la plus mauvaise réponse au décrochage des enfants.

Il reste beaucoup de chemin à faire, de résistances à vaincre, pour faire entrer dans l’école plus de pédagogie, plus de coéducation. Nous y consacrons quelques pages, avec Hubert Montagner sur les enjeux de l’éducation, Jean Le Gal sur les droits reconnus aux enfants et Laurent Ott sur ce qu’il entend par «Pédagogie sociale».


(1)  On trouvera les intervention au 66ème congrès de la FCPE sur http://www.fcpe.asso.fr/