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Edito du n° 317 (09-2012)

En attendant le printemps…

Si les pluies de juillet ont pu arroser les racines, les chaleurs d’août n’ont pas échauffé les têtes de nos gouvernants.

 Par Jean-Luc Rongé 


Qu’il s’agisse des Roms et de leurs enfants, de la question des mineurs étrangers, dont les départements (socialistes, pour une bonne part) tentent de se défausser de leur responsabilité de protection, ou encore des discriminations dont sont l’objet les enfants, en raison de leur nationalité, on sent comme une panique que cette victoire du 6 mai à l’arraché (à 51,63 % des voix) laisse des traces d’une division de la France.

Hormis les engagements du ministre de l’Éducation nationale, qui étaient une promesse de campagne et les «emplois d’avenir» qui devraient dégager 100.000 contrats dès 2013 destinés aux 16-25 ans sans diplôme ou peu qualifiés, la déconstruction de ce qui s’est pratiqué durant dix ans, tant critiquée par la majorité désormais au pouvoir, se fait attendre.

Il est déjà reproché au Président de la République de créer à tout-va des «comités Théodule» (selon l’expression chère à De Gaulle) destinés à régler les problèmes qui exigeaient une solution urgente lorsque la nouvelle majorité était dans l’opposition.

On songera certes à la réforme de la justice des mineurs (l’enfance délinquante) dont on attend une initiative de Christiane Taubira, si sa volonté réformatrice n’est pas contenue par la peur-panique des édiles socialistes de se faire attaquer sur leur flanc droit.

Pourtant, après son intervention lors de l’assemblée générale de l’Association nationale des magistrats de la jeunesse et de la famille (ANMJF), le 2 juin dernier, on pouvait croire que la rentrée se traduirait par une volonté partagée au gouvernement d’une réforme indispensable.

Elle apportait son soutien à ces magistrats de l’enfance qui avaient tenté de résister à la dérive sécuritaire : «Nous savons à quel point vous avez été stigmatisés, suspectés de laxisme, vos conditions de travail se sont détériorées. Ces dernières années, il n’était pas indispensable d’être magistrat, greffier, fonctionnaire, pour sentir la blessure suite aux attaques qui vous ont été réservées. (…) Les professionnels de l’enfance effectuent un travail extraordinaire, votre dévouement est grand, connu et reconnu par l’ensemble de la population même. Ces attaques ont pu faire planer un doute que l’on va dissiper».

Le doute perdure… et il a du mal à se dissiper bien qu’elle ait déclaré : «Il s’agit de ramener l’enfant dans la société». Franchement, il n’a toujours pas retrouvé la place qui lui convient… même pas dans une commission.

Comme on le lira dans les articles qui suivent, l’engagement au changement se fait plus que prudent. Qu’il s’agisse des Roms et de leurs enfants, de la question des mineurs étrangers, dont les départements (socialistes, pour une bonne part) tentent de se défausser de leur responsabilité de protection, ou encore des discriminations dont sont l’objet les enfants, en raison de leur nationalité, on sent comme une panique que cette victoire du 6 mai à l’arraché (à 51,63 % des voix) laisse des traces d’une division de la France.

Si ce gouvernement, dont on attend un retour encore plus sur l’humain que sur la justice sociale – crise oblige -, ne se démarque pas de ses prédécesseurs, alors la déception des plus défavorisés sera grande et plongera le pays dans une désespérance dont ne sortiront que les bêtes immondes qu’on a évitées tant qu’à présent.

Ne soyons pas trop pessimistes. Ils ont un peu de temps pour se ressaisir. Après l’été, viennent l’automne et l’hiver. Vivement le printemps… pourvu que…