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Edito du n° 324 (04-2013)

Un numéro spécial

L’espace nous a manqué pour traiter les «Brèves»; nous nous en excusons auprès
des lecteurs qui apprécient les informations et les gestes d’humeur de cette rubrique.

Dix ans après la disparition de Stanislaw Tomkiewicz, nous avons formé, avec son
vieux complice Joe Finder, le projet de consacrer ce numéro volumineux à ce que
sa pensée et son action représentent dans le monde de l’éducation et de la thérapie
des enfants «en grande difficulté».

 Par Jean-Luc Rongé 


Son combat contre la violence institutionnelle a remporté quelques victoires –
notamment l’immunité des agents qui dénoncent les maltraitances –, cependant les
nouvelles structures «de contention» (CEF, EPM…) portent encore en germe le
risque que ces «cocotes minutes» se transforment en un «enfer pavé de bonnes
intentions
».

Nous publions quelques-uns de ses exposés, de ses articles, et quelques témoignages
de ceux qui l’ont côtoyé ou retenu de son action et de son enseignement la lucidité
qui a tant manqué ces vingt dernières années, notamment dans ce qui est devenu «le
traitement de la délinquance des mineurs
», expression que Tomkiewicz abhorait.

Son combat contre la violence institutionnelle a remporté quelques victoires –
notamment l’immunité des agents qui dénoncent les maltraitances –, cependant les
nouvelles structures «de contention» (CEF, EPM…) portent encore en germe le
risque que ces «cocotes minutes» se transforment en un «enfer pavé de bonnes
intentions
».

L’option thérapeutique, avec le présupposé des potentialités «positives» de l’enfant
exige toutefois une formation et une pratique que sont loin d’avoir acquis ceux et
celles qui sont chargés de «l’éducation», qu’il s’agisse des «maîtres» qui enseignent,
des éducateurs et ceux qui en exercent la direction.

Laissons Joe Finder se laisser aller, dans un billet qu’il nous avait adressé, à la
perception du monde d’aujourd’hui pour comprendre que la société a évolué depuis
la fermeture des Centres familiaux des jeunes qu’il a dirigés, que depuis lors, la
désespérance, le chômage, le culte de l’argent, les inégalités ont encore plus envahi
l’espace perceptible des enfants :

«Les adolescents déscolarisés, chômeurs, livrés à eux-mêmes, profondément
frustrés, névrosés, deviennent de plus en plus violents. Ils sont sans espoir aucun, de
pouvoir un jour posséder un
«petit quelque chose» de cette «société de convoitise».
Chaque année, les riches y sont de plus en plus riches, et les pauvres de plus en
plus pauvres.

Le matin du grand jour où tout pourrait changer positivement, que vont-ils devenir
ces gamins exaspérés, étouffés par leurs pulsions de vengeance à cause des
humiliations subies ?

Qui donc, parmi les ténors de la défense de l’ordonnance de 1945, pense
concrètement aux nécessité si dramatiques de ce proche avenir…éventuel ?

Sans formation personnelle, et individuelle adaptée, ces nouveaux éducateurs
pionniers, combien de semaines tiendront-ils le coup moralement, nerveusement,
face au refus de la main tendue des «abandonniques» et les retours de flammes
inévitables des «durs» ?

Ne faudrait-il pas former d’urgence des formateurs pour préparer les troupes de
choc de cette nouvelle pédagogie curative ?
».

La question étant posée, qui, parmi ceux qui songent à remettre l’esprit de
l’ordonnance de 1945 sur ses pieds, songe à investir énormément dans les
changements radicaux des méthodes éducatives ?

Quelques mots aussi sur les situations qui suscitent une saine réprobation :

- la limitation par le Sénat de la faculté laissée au juge des enfants de décider que
les parents d’enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance pourront conserver les
allocations familiales;

- et surtout le traitement par l’État et les collectivités locales des Rroms résidant
dans les «campements», ces familles expulsées sans ménagement, sans solution
d’hébergement : un comportement que nous qualifions de «scandale d’État».

L’indignation face à ces maltraitances, c’était aussi un combat de Stanislaw
Tomkiewicz.