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Edito du n° 340 (12-2015)

Retourner maison...

La loi du 5 mars 2007 engageait à innover... ce qui se faisait déjà dans le Gard depuis quelques années.

Des juges des enfants avaient convenu avec les services de l’ASE que l’aide éducative à domicile pouvait être renforcée par une mesure de «placement» de l’enfant... chez ses parents.


 Par Jean-Luc Rongé 


Pourquoi retirer un enfant de sa famille, alors que les solutions aux difficultés peuvent émaner des compétences des parents... et aussi des enfants qui, il ne faut l’oublier, sont également des «êtres pensant» ?

L’expérience fut concluante, dès lors que les services sociaux étaient investis dans l’aide à accorder aux familles. Il s’agit d’assurer une présence régulière, d’éviter que les carences constatées - le «danger» pour l’enfant - se répètent. Bien souvent, il s’agit de familles précarisées, que cela soit par une marginalisation sociale ou encore les «accidents de la vie». Parmi ceux-ci résident aussi les difficultés que le ou les parent(s) ont rencontrées dès leur plus jeune âge.

Et l’expérience s’est répandue, incitée notamment par la loi de 2007 qui a engagé les services à rechercher les solutions «innovantes», parmi lesquelles l’accueil séquentiel qui permet à l’enfant d’être pris en charge par un hébergement alternatif lorsque des difficultés passagères le rendent nécessaire.

On a entendu parler du PHOM («placement hors les murs») engagé depuis plusieurs années dans l’Aube que Claire Genneret avait exposé lors d’un colloque que nous avions organisé à Nancy (JDJ n° 298, octobre 2010, p. 28). Et maintenant, le département des Bouches-du-Rhône a produit un règlement sous forme de «référentiel du placement à domicile (PAD)» que nous reproduisons.

Dans ce numéro, nous présentons le dossier préparé par Hélène Cornière sur le placement à domicile, après avoir assisté aux journées d’étude de l’ANPASE à Biarritz en octobre dernier.

«Outil innovant» ? «Reproduction de la tendance familialiste» ? Nous ne pencherions ni pour l’un ni pour l’autre. Il s’agit de savoir ce que l’on veut lorsque l’objectif convenu de la protection de l’enfance est d’apporter une assistance aux familles rencontrant de graves difficultés dans l’éducation de leurs enfants. Tels sont d’ailleurs les termes des règles relatives à l’assistance éducative.

Pourquoi retirer un enfant de sa famille, alors que les solutions aux difficultés peuvent émaner des compétences des parents... et aussi des enfants qui, il ne faut l’oublier, sont également des «êtres pensant» ?

Solution à moindre coût ? Certes, le «placement» en MECS, ou même en famille d’accueil coûte cher aux finances départementales, bien déséquilibrées en certains lieux. Pour autant que les services réfléchissent en termes d’organisation et de formation, le rapport «qualité-prix» peut être favorable.

Pensons également au coût social et affectif que représente le retrait contraint ou difficilement négocié s’agissant du «placement administratif». L’éloignement de l’enfant entraîne bien souvent à celui des parents dans les décisions qui le  concernent.  S’ils  ne  sont  pas  «démissionnaires»,  ils  peuvent  devenir «démissionnés». Et le «désintérêt» ou le «délaissement» (selon les termes de la proposition de loi Dini-Meunier) est bien souvent le résultat de cet écartement de la famille, volontaire ou non.

Enfin, songeons à l’enfant et à l’intérêt qu’il a à assister à l’investissement, autour de sa personne, de sa famille en lien avec les travailleurs sociaux. C’est aussi une valorisation qui n’est pas négligeable et dont il se souviendra.